Historique

L'Art à Differdange - Art Vivant

En 63 années d'existence, beaucoup d'évènements se sont suivis, des bons et des moins bons. Une chose cependant est certaine : les deux destins, celui de la Ville de Differdange et celui de l'Art Vivant sont intimement liés, liés entre eux certes, mais aussi à l'évolution de la sidérurgie. Nous sommes fiers d'être de et à Differdange, fiers de fêter le 100e anniversaire de cette grande Dame après avoir déjà partagé son 50e ainsi que son 75e anniversaire. Mais commençons par le début.

Automne 1944 : Aux longs mois d'abnégations, de brimades et d'oppressions suivent enfin des moments d'espoirs. Les rêves de liberté se réalisent : liberté de parole, d'action, de réunion, de pensée, de presse, LA LIBERTE tout simplement et sous toutes ses formes.

Quelques jeunes gens avides de dessin et de peinture se réunissent sous l'impulsion de Roger GOEDGEN pour se livrer ensemble à la création artistique et décident de fonder une association.

Le 7 décembre 1944, ils constituent la

KONSTMOLER VERENEGONG VUN DE'FFERDANG

Le 14 janvier 1945, les statuts sont rédigés et le 1er comité est instauré :

président : Josy MERSCH
secrétaire : Vic LEMMER
caissier : Roger GOEDGEN
membres : Henri BICHEL
Jean BREDIMUS
Nic MULLER
Dr. Emile PAULY

Jacques DOLAR, Emile FOURNELLE, Félix HOFFMANN, Robert LAUTERBORN, Jean PICK et Henri WELTER renforcent cette équipe qui, en avril 1945, expose ses premières oeuvres au café FEDERSPIEL à Differdange.

Par deux fois les peintures sont décrochées puis raccrochées pour ne pas "gêner" les soirées des soldats américains et des résistants. Les visiteurs curieux ne manquent pas, mais ces jeunes passionnés se rendent compte que pour perdurer, il faut progresser et que pour progresser, il leur faut un "maître ", un "guide".

Ils contactent Auguste TRéMONT de passage à Differdange pour y réaliser une de ses oeuvres. Cet artiste déjà reconnu, accepte de les seconder le temps d'achever son travail. Rapidement Gust se rend compte de la passion qui anime ce groupe et avant de retourner dans son atelier parisien, il demande à son ami de longue date, Foni TISSEN de s'occuper des jeunes differdangeois. "Si sin et derwäaut;ert ".

Le 22 juin 1946, le comité accepte Foni TISSEN comme animateur. "Hien ass et, deen aus engem Grupp Dillettanten a Kopisten eng disziplinéiert Eenheet vu perséinlechem Charakter geschaaf huet". Il est nommé conseiller technique en 1950.

Le 5 juillet 1946, lors de l'assemblée générale, l'association prend le nom de "Société de l'Art Vivant, Differdange". Josy MERSCH relate le fait ainsi : "Wees du firwat mer ART VIVANT heeschen? A bee, jorelaang woare mer lieweg Doudeger. A wéi do d'Fräaut;iheetssonn nees mat blénken ugefangen huet, wéi mer nees lieweg hun dierfe gin, huet de Foni den Numm ART VIVANT virgeschloen. Dofir, Kanner, haalt mer deen Numm an dee Veräaut;in an éieren"!

Le 10 août 1946, grâce aux démarches de Monsieur GUISCH, " porte-bonheur" de l'Art Vivant, le vernissage du 2e Salon se tient dans les salles du Grand Casino de Differdange. Monsieur Henri ROGER, Directeur général de la société HADIR, accepte dès le début de prendre l'Art Vivant sous sa protection. En mécène toujours soucieux du développement de l'association et du progrès de ses artistes amateurs, il offre, outre le Grand Casino en guise de galerie, un camion pour transporter les panneaux prêtés gracieusement par le Musée de l'état, le champagne pour le vernissage et même, à l'occasion du 10e Salon, un véritable dîner de gala.

"Nous nous rendons compte, que sans votre protection bienveillante et sans votre appui généreux, nous n'aurions jamais réussi à atteindre les buts que nous nous étions proposés".

Trente ans plus tard, Auguste TRéMONT s'en souvient dans une lettre adressée à Foni TISSEN.

"A ton prochain historique sur l'Art Vivant, il faudra te souvenir du Directeur de la Hadir, H. Roger, homme de fer, qui le premier a donné son ossature à l'Association. Il ne faudra jamais l'oublier".

Avec le Grand Casino de la HADIR et les panneaux d'accrochage du Musée de l'état, l'Art Vivant dispose à présent d'un véritable écrin pour son Salon annuel. Le travail sérieux et acharné peut commencer.

"Eine junge Malerzunft von Arbeitern, Handwerkern und Beamten der Stadt und des Werkes Differdingen hat sich daran gesetzt, die Gestaltung der Freizeit auf ein houmlaut;heres, geistiges und küautnstleriches Niveau zu heben".

Tout d'abord, il faut équiper le secrétariat d'un registre pour consigner les rapports d'assemblées et de réunions. C'est chose faite en 1948, la fin de la pénurie de papier permet cet achat. L'année 1949 devient "d'Joer vun eiser offizieller Unerkennung". L'Art Vivant obtient le Haut patronage du Ministre de l'éducation nationale et se voit obligé, mais surtout ravi, d'ouvrir un CCP pour pouvoir encaisser le subside de l'état d'un montant de 3000.- francs. L'achat d'une machine à écrire complète l'équipement en 1951 pour quelques temps, du moins jusqu'à l'arrivée de l'informatique avec ses moyens sophistiqués.

Dès le 3e Salon, la Cour Grand-Ducale nous apporte son soutien avec la visite de LL. AA. RR. le Grand-Duc Héritier Jean et la Princesse Marie-Gabrielle. Pour le 4e Salon, sous le Haut Patronage de S. A. R. le Grand-Duc Héritier Jean, S.A.R. la Princesse Marie-Gabrielle fait partie des exposants et le 10e Salon accueillera les mêmes invités de marque accompagnés cette fois-çi de S.A.R. la Grande-Duchesse Héritière Joséphine-Charlotte. En 1994, pour notre 50e Salon, LL.AA.RR. le Grand-Duc Jean et la Grande-Duchesse Joséphine-Charlotte nous honorent une fois de plus de leur visite.

En août 1951, le comité de l'Art Vivant prie l'Administration communale de Differdange de bien vouloir accepter le Haut patronage du 7e Salon et "se permet de solliciter de votre bienveillance l'autorisation pour l'organisation d'une tombola à l'occasion de son 7e Salon".

Monsieur le Député-maire Pierre GANSEN accepte le Patronage et le Collège échevinal marque son accord pour la tombola. Si les tombolas ne sont plus de mises depuis 1961, le Patronage tient encore aujourd'hui.

Cet encouragement de la part de la commune et la poigne ferme de leur mentor Foni TISSEN, font pousser des ailes aux peintres amateurs qui, en bons élèves, s'appliquent à leur travail, suivent assidûment les cours de dessin et d'histoire de l'art et apprennent les techniques picturales.

"D'Konscht ass eppes, daat mat vill Léift an Arbecht och bei engem Amateur op eng heich Stuf ka bruet gin". "Il y a un net progrès chez eux et certains prennent de l'assurance".

"Ils travaillent, alors que beaucoup d'artistes d'aujourd'hui font de l'art comme Monsieur Jourdain faisait de la prose. Ils ne dédaignent pas les leçons des maîtres d'antan sous le fallacieux prétexte de personnalité, et restent persuadés que c'est le privilège de l'homme-artiste de produire en vu d'un but. Ils vont de l'avant et comme le petit Poucet, sur leur chemin, ils sèment leurs toiles, leurs étoiles, pour nous guider vers la beauté. Le public de Differdange qui aime ce qu'il comprend, à l'encontre de cet autre public qui fait semblant de comprendre ce qui le rebute, a fait du groupe de l'Art Vivant "son équipe".

Les membres protecteurs encouragent et soutiennent généreusement "leur équipe". Aux ingénieurs et employés de la HADIR, médecins et commerçants differdangeois du début se joignent rapidement échevins, agents et commissaire de police, curés et autres députés. En peu d'années, tout Differdange peut s'enorgueillir de l'Art Vivant et, les critiques dans les journaux aidant, d'autres régions agrandissent le nombre des membres actifs et protecteurs.

"Les membres de l'association ne cesseront d'accroître leurs efforts afin de justifier la confiance et la sympathie dont la population de Differdange, de plus en plus, témoigne à leur égard".

"Differdingen, die Stadt der weltberüauthmten Grey-Träaut;ger, ist dank der Association l'Art Vivant auch zur Stadt der schoumlaut;nen Küautnste geworden".

"Eis Missioun ass et, aus dem Art Vivant e Musterbeispill vun Idealismus ze schaafen".

Hr. Minister Pierre FRIEDEN füauthrte aus, dass er nicht aus Pflicht, sondern auch aus Freude und Vorwitz zu dieser Feierlichkeit erscheint. "Euer Schaffen gilt nicht nur euch selbst oder den Differdingern, sondern dem ganzen Land".

"Wie jedes Jahr wurde auch diese Ausstellung des Differdinger "Art Vivant" mit Spannung erwartet. Neben unseren Musikvereinen ist es tatsäaut;chlich diese Küautnstlervereinigung, die einen der eindruckvollsten Beiträaut;ge zum kulturellen Leben der Stadt liefert ".

Les loisirs sont choses rares en cette période d'après-guerre, la télévision n'a pas encore envahi les foyers. Aussi l'Art Vivant organise un premier "Familjenowend" en 1948, une Soirée de gala en 1949. La soprano léger Flore RITTER, la danseuse classique Sténia ZAPALOWSKA ainsi que l'équilibriste Roger QUAINO exhibent leurs talents artistiques non seulement aux artistes-amateurs de l'Art Vivant mais également à toute personne de Differdange qui le désire.

D'autres divertissements comme des soirées avec ou sans souper, animées par des sketches, des chansons, des projections de films ou des tombolas et même un "Fuesbal" sont mis sur pieds.

Le travail sérieux n'est pas oublié pour autant. Jusqu'en 1975, Foni TISSEN anime des cours de dessins. René ZAMBON, son successeur, prodigue des conseils de 1976 à 1997, Jean-Claude SALVI de 1997 à 2000 suivi par Chantal SABATTINI de 2000 à 2002 et, depuis septembre 2006, la chargée de cours se nomme Adina HUBERT-MIHAI.

"D'Perfektioun ass en onereechtbart Ziel".

Soucieux de parfaire la culture générale de tous, l'Art Vivant propose au cours de ses 63 années d'existence, des causeries, conférences, exposés, projections de diapositives et autres "Owend ënner ons" auxquels tout un chacun est convié.

1950 et 1951 : François ERPELDING, les poteries romaines (exposées aux Salons)
1952 : Mr GRANDERY, l'art et la publicité
1952 : Mr MATAGNE, l'Art Héraldique
1960 : Mr GILMIAT, l'Art Nègre, avec exposition de sculptures en ivoire
1961 : Foni TISSEN, la palette
1962 : Foni TISSEN, "le pharaon noyé", ou le barrage d'Assouan, avec les Amitiés Françaises, le Stodenteclub et le Photoclub
1973 : Paul DI FELICE, Création artistique ou Folie?
1973 : Soirée cinéma vouée à Breughel, Rembrandt, Matisse et Kutter
1976 : Paul DI FELICE, Picasso, un peintre et son 'uvre
1978 : Norbert THILL, 3 conférences sur le Népal, l'Art à Echternach et ses environs ainsi que sur le Frioul
1979 : Norbert THILL, 6 conférences sur les Enfants dans le Monde, le Pays des Incas, la Chine, la Sicile, la Thaïaut;lande et l'Angleterre
1980 : Jean-Luc KOLTZ, peintures et dessins luxembourgeois
1983 : Paul DI FELICE, l'Art italien au XXe siècle, du Futurisme à la Transavant-garde
1983 : Norbert THILL, la Tchécoslovaquie
1996 : Armand STRAINCHAMPS, le plafond de la gare de Luxembourg
1998, Carlo SIGNORINI, la mosaïaut;que classique et moderne
2000, Pit NICOLAS, la céramique
2001, Jean-Marie BIWER, la peinture d'un professionnel
2003, Laurent NUNZIATINI, sculpter avec le feu

Aux cours de formation s'ajoutent également des voyages d'études aussi bien à travers notre pays qu'à l'étranger.

1947: Paris, 1ère destination avec la visite du Louvre, de Versailles et ' des Folies Bergères "wou mer Art Vivant am Sënn vum Wuert gesin hun"
1948: deuxième voyage à Paris au mois d'août
1951: Vianden en mai et la vallée de l'Eisch en août
1952: l'Oesling en général et Clervaux et son château en particulier
1954: excursion à Bourglinster
1955: sur les rives de la Moselle
1956: visites aux Pays-Bas : Amsterdam, Volendamm, Scheveningen, Haarlem, den Haag, Frans Hals Museum, Rijksmuseum sans oublier le Mauritshuis
1964: excursion à Dun-sur-Meuse
1972: périple à Orval
1977: Paris pour la troisième fois déjà
1978: les châteaux de la Loire en collaboration avec les Amitiés françaises de Differdange. Il a fallu 2 cars pour transporter les 87 participants !
1979: vallée des sept châteaux avec nettement moins de curieux
1981: 2 jours à Paris au mois de mai
1984: escapade à Vianden
1990:journée à Esch-sur-Sûre, Diekirch et visite des plus anciennes fresques luxembourgeoises à Rindschleiden

1997: Bruges, ses musées, ses canaux, la brasserie Léon et ' la pluie
1997: l'atelier de gravures Colpin à Redu avec impression des gravures des "élèves" des cours de dessins

L'excursion dans la vallée des sept châteaux en 1979 a débouché quelques mois plus tard, sur une exposition au château de Mersch. Avec les " Moldag am Gréngen" le comité reprend l'idée d'exporter l'Art Vivant : se réunir un dimanche dans un endroit pittoresque du pays pour peindre ensemble les coins intéressants et exposer ensuite ces 'uvres dans un local de la région en question.

La série commence en 1995 par Lasauvage, puis continue à Erpeldange près d'Ettelbrüautck en 1996. Lors du vernissage dans la salle Gondersdorf au château d'Erpeldange, le Maire Ernest RASSEL déclare dans son discours : "eng Geméng wéi Déifferdéng ass ze beneide well si esou e Veräaut;in wéi den Art Vivant huet".

En 1997 et 1998, l'Art Vivant invite le Cercle artistique de Dudelange à se joindre au "Moldag am Gréngen" pour peindre et exposer à Useldange puis à Wellenstein.

Suivent encore le Fonds-de-Gras en 1999, Kopstal et Bridel en 2000, Echternach en 2001, Bourscheid en 2002 et Walferdange en 2003.

Il serait fastidieux d'énumérer toutes les expositions auxquelles l'Art Vivant a participé ou que l'Art Vivant a organisées, il y en a tant et tant. En voici quelques-unes, pour ne citer que les plus importantes, les plus marquantes :

de 1954 à 1965 : l'Art Vivant participe au Salon de Nancy avec le groupe Beaux-Arts des usines de Pont-à-Mousson
1955 : Vianden
1957 : pour le 50e anniversaire de l'Harmonie municipale de Pétange
1958 : pour le 25e anniversaire du Fousbann
1966 : dans le cadre de la Foire internationale à Luxembourg
1967 : à la Galerie d'art municipale d'Esch-sur-Alzette
1969 : exposition de Noël au hall omnisport à Differdange
1975 : la semaine luxembourgeoise à Messancy
entre 1977 et 1998 : 10 expositions à Mondorf-les-Bains
1980 : "Art et Shopping" dans les vitrines des commerçes differdangeois
1981 : à Clemency au mois de décembre
1986 : à l'Hôtel de Ville de Rumelange
1988 : à la Salle des fêtes de la Maison communale de Belvaux
1992 : au "Tutesall" à Luxembourg-Grund
1998 : au Centre culturel Rodemer pour égayer le "Stengeforter Musék Jazzfestival"

Par deux fois, l'Art Vivant réalise une 'uvre plus vaste, un grand travail d'équipe.

En 1954, pour le 10e Salon, le premier polyptyque "' une composition représentant Differdange, ses ouvriers et ses mineurs ' "dont "le montage comprenant 25 tableaux, nous préoccupe dès à présent, car nous ne disposons d'aucune salle de dessin. Dans cet embarras, nous osons ' demander (à Monsieur le Bourgmestre) une salle de classe o? nous pourrons poursuivre nos travaux dans les soirées du mois de mars au mois d'octobre".

"' pour faciliter la réalisation matérielle" du polyptyque, le Ministère de l'éducation nationale octroie une subvention de 5000,- francs.

Le 2e polyptyque, réalisé en 1994 pour le 50e Salon, a pour sujet, " Eis Minette". L'Administration communale l'acquiert pour 100000.- francs, somme que l'Art Vivant remet intégralement à l'Association d'Aide aux Enfants Handicapés du Grand-Duché.

A deux reprises, l'Art Vivant édite ses "mémoires" : un livre d'or pour son 50e Salon en 1994 et la suite de la chronologie lors de son 60e Salon en 2004.

En 1955, pour le Festival du fer, la Ville de Differdange organise un concours d'affiches. Benni REUTER et Bob LAUTERBORN remportent respectivement le 1er et le 2e prix et pour le défilé, le char "la forge de vulcain" d'après une idée de Foni TISSEN est retenu.

Toujours en 1955, Jacques DOLAR dessine un cachet spécial que la Poste émet pour l'exposition philatélique. En 1974, un timbre représentant la Ville de Differdange, d'après un dessin de René WAMPACH, est mis en circulation par les P&T.

A l'occasion des fêtes du Cinquantenaire de la Ville de Differdange en 1957, plusieurs membres de l'Art Vivant se distinguent. Pour le concours " Monument aux Morts" , les 1er et le 2e prix ne sont pas décernés. Benni REUTER obtient le 3e Prix et le projet de René WAMPACH est acheté par l'Administration communale.

Le 13e Salon de l'Art Vivant en 1957 est, à cause du Cinquantenaire de la Ville, placé sous le thème "aal Déifferdang". De nombreux dessins et peintures illustrent ce sujet et contribuent ainsi aux festivités. Parmi les projets de cartes postales élaborés pour ce même Cinquantenaire, "den aale Buer" de Bob LAUTERBORN est édité.

Pour le 75e anniversaire de la Ville de Differdange en 1982, l'Art Vivant retient "Differdange, cité du fer" comme motif pour son 38e Salon. René WAMPACH réalise l'affiche et Armand SCHILTZ le poster.

L'année 1971 marque un grand tournant dans la vie de l'Art Vivant. La fusion HADIR et ARBED en 1969, n'a rien changé à l'ossature dont parle Gust TRéMONT, mais la crise de la sidérurgie oblige l'ARBED à reconsidérer l'utilité et l'usage du Grand Casino. Les préparatifs du 27e Salon vont bon train lorsque l'inéluctable "Hiobsbotschaft" arrive: le Salon ne se tiendra plus jamais au Grand Casino.

C'est alors que l'Administration communale intervient en grande salvatrice et met la Salle des fêtes de l'ancien Hôtel de Ville à la disposition de l'Art Vivant. Conseillers et employés communaux se joignent aux membres de l'Art Vivant pour effectuer le déménagement des panneaux et des tableaux et se chargent également de l'accrochage si bien que le Salon ouvre ses portes in extremis peut-être, mais en date et en heure prévues.

Six années durant, la Salle des fêtes de l'ancien Hôtel de Ville sert de cimaise aux Salons. Et puis, en 1978, l'Art Vivant a l'insigne honneur et le grand privilège d'inaugurer la toute nouvelle Galerie d'art municipale au Centre Marcel Noppeney avec son 34e Salon.

De 1978 à 2005, tous les Salons se tiennent dans cette galerie. En 1999, l'école du Fousbann emménage au Noppeney suite à des problèmes d'amiante. Du coup, l'année 2000 voit le 55e et 56e Salon la même année.

En 2004, c'est à l'école des filles d'occuper le Centre Noppeney et le 60e Salon est à son tour reporté en 2005, année du 61e Salon.

Le 62e Salon, le dernier en date par conséquent, est à son tour obligé de changer de lieu d'accrochage. Cette fois-ci, les problèmes d'eau qui gênent les classes de la Maison Olaf Palme en sont la cause.

Le Hall polyvalent de La Chiers, nouveau cadre pour les Salons à venir, n'est pas inconnu à l'Art Vivant. Déjà en 2004 et 2006, ensemble avec le Centre culturel et Art à l'école, le "Kannersalon Déifferdang" , attire beaucoup d'écoliers de Differdange. Baba TISSEN est l'auteur du logo de cette nouvelle manifestation bisannuelle.

Deux membres de l'Art Vivant, André SCOTTI et Fernand BLOM, se lancent courageusement dans une opération " action painting" en 1995. Lors du concert de gala de l'Harmonie Municipale de Differdange, ils peignent une grande fresque avec des bombes de peintures tout en se basant sur les rythmes de la musique.

Parmi d'autres événements importants liant l'Art Vivant à Differdange, citons encore les mérites culturels que le Comité des fêtes a décernés. Tout d'abord à René WAMPACH en 1987, à Nello MANELLI en 1990, à l'Art Vivant en 1992, première association à avoir été distinguée de la sorte et enfin, cette année, à Armand SCHILTZ à titre posthume.

Pour les 25 ans d'Art à l'école en 2005, l'Art Vivant participe aux ateliers de peintures organisés pour les jeunes sur la place du marché. La même année, l'Art Vivant égaye avec une exposition la séance académique pour les Cents ans de la Chorale municipale de Differdange qui se tient dans la Salle des fêtes de l'ancien Hôtel de Ville.

A l'occasion des festivités relatives au 100e anniversaire de Differdange, l'Art Vivant prévoit plusieurs manifestations à savoir un "Moldag" à Differdange avec une exposition à la clé pour les adultes ainsi qu'une activité commune avec l'Art à l'école pour les jeunes.

D'aucuns pensent que la longévité de l'Art Vivant est due, en partie du moins, au fait que sa destiné a été dans les mains de peu de présidents. Effectivement, l'Art Vivant n'a connu que 5 présidents en 63 années :

Josy MERSCH de 1945 à 1952, René HALLé de 1952 à 1966, Jean-Pierre ZAHLEN de 1966 à 1970, Josy MILLER de 1970 à 1990 et Jean WELBES de 1990 à 2007. Au mois de mars 2007, lors de l'assemblée générale, Mireille WEITEN'de WAHA devient la première présidente de l'Art Vivant Differdange.

"La moisson de notre travail d'amateur" est enviable à plus d'un point. Il appartient aux futurs comités et membres de l'Art Vivant de l'entretenir et de produire de nouvelles semences qui donneront de nouveaux fruits avec, comme visée principale :

"Que tous nos amis de l'Art Vivant trouvent dans leurs occupations professionnelles aussi bien que dans l'exercice désintéressé de l'Art qu'ils ont choisi, les satisfactions profondes que donnent le devoir accompli et le délassement de l'esprit qui doit le suivre".

Rédigé par Jean Welbes

textes en italique sont des extraits de discours, de lettres, de préfaces et d'articles de presse de Messieurs Gabriel CHRETIEN, Jacques DOLAR, Pierre FRIEDEN, René HALLé, Josy MERSCH, Ernest RASSEL, Henri ROGER, Foni TISSEN, Auguste TRéMONT et de différents journalistes.

LIVRE DU CENTENAIRE DE LA VILLE DE DIFFERDANGE

ARTICLE : L'Art à Differdange ' Art Vivant